Un garçon d’Italie – Mathieu Touzé

Un garçon d'Italie
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Luca est mort, on ne sait comment. Son corps retrouvé sur les bords de l’Arno, les deux personnes qui ont partagé sa vie en parallèle, sans le savoir, s’interrogent : Luca a-t-il été assassiné ? S’est-il suicidé ? C’est sans compter que, même mort, Luca a encore des choses à dire.

C’est à un ancien roman de Philippe Besson que Mathieu Touzé, nouveau directeur du Théâtre 14, s’est attaché. Un chant d’amour et de mort, délicat comme une peinture impressionniste. « Un garçon d’Italie » juxtapose trois monologues : celui de Luca, qui parle depuis là où vont nos morts; celui d’Anna, sa petite amie de longue date; et celui de Leo, qui partage sa vie en secret. Leo, jeune prostitué qui attend les clients à la gare, et qui découvre la mort de son amour dans le journal, par hasard.

« Un garçon d’Italie » interroge les liens qui nous unissent les uns aux autres. Chaque prise de parole semble redire, encore et encore, la fragilité des constructions amoureuses. Que ce soit Anna, la femme forte, ou Leo, l’homme fragile, tous en ressortent blessés. On ne connait jamais vraiment l’autre, nous disent Philippe Besson et Mathieu Touzé. Et c’est certainement ce qui fait la beauté de la chose. Anna et Leo ont chacun aimé un Luca, leur Luca. Aucun des deux n’a complètement raison, ni complètement tort. Luca n’est ni complètement l’un, ni complètement l’autre. Il est un kaléidoscope.

Sur scène, l’un des trois éclipse pourtant les deux autres. Il s’agit de Yuming Hey, vu récemment chez Pascal Rambert et chez Bob Wilson, mais aussi sur Netflix. Avec sa casquette vissée sur la tête et sa silhouette adolescente, Yuming Hey offre ses airs bravaches et sa fragilité à fleur de peau à Leo. Cet homme amoureux qui a accepté de vivre caché, cet homme qui ne dit pas qu’il aime par peur que tout s’arrête, cet homme qui n’ose pas dire qu’il souffre, c’est lui qui bouleverse.

 

 

Un garçon d’Italie, d’après Philippe Besson, mise en scène de Mathieu Touzé.
Avec Mathieu Touzé, Yuming Hey et Estelle N’Tsendé.
A voir au Théâtre de Belleville jusqu’au 28 mai.